Mes boucles post-partum : comment j’ai sauvé ma chevelure (et ma santé mentale)
On nous prépare à beaucoup de choses avant d’accoucher. Les nuits en miettes, les montagnes de couches, le baby blues, la chute de cheveux du troisième mois post-partum. On nous prévient, on nous conseille, on nous arme.
Ce qu’on oublie soigneusement de mentionner, par contre, c’est que nos cheveux et nos boucles plus particulièrement, peuvent décider, tranquillement, sans crier gare, de changer de camp. Pas juste tomber. Changer. De texture, de forme, de caractère. Comme si elles avaient profité de ta distraction pour refaire leur vie sans te consulter.
C’est exactement ce qui m’est arrivé.
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Le jour où je n’ai plus reconnu mes cheveux
Quelques semaines après l’accouchement, je me suis retrouvée devant mon miroir avec l’impression de regarder la chevelure de quelqu’un d’autre. Mes boucles d’avant, bien dessinées, bien présentes, un type 3B dont j’étais franchement fière, avaient disparu. À la place : des espèces d’ondulations molles, des longueurs sèches, et un volume qui avait visiblement décidé de prendre des vacances illimitées.
J’ai d’abord pensé que c’était mes produits. J’ai changé de shampoing. Puis de masque. Puis de technique. J’ai regardé des tutoriels à 23h, les yeux mi-clos, un bébé endormi sur l’épaule.
Rien.
Et puis j’ai compris que le problème ne venait pas de ma routine. Il venait de mes hormones. Et ça, c’est une toute autre conversation.
Et là, j’aurais voulu pouvoir te dire que j’ai pris ça avec philosophie. Que j’ai regardé mon bébé endormi sur ma poitrine, souri à mon reflet et pensé « peu importe, j’ai fait quelque chose d’extraordinaire ».
Mais non.
J’ai culpabilisé. Doublement, même.
Une première fois parce que mes cheveux me manquaient (et mon ventre et ma taille d’avant aussi). Et une deuxième fois parce que j’osais ressentir ça. Parce que comment peut-on se lamenter de ses boucles quand on a un bébé en bonne santé dans les bras ? C’est futile, non ? C’est superficiel. C’est honteux, presque.
Sauf que non. Ce n’est pas honteux. Et ce n’est pas futile.
Parce que ce dont on parle, là, ce n’est pas vraiment des cheveux. C’est de l’image qu’on a de soi-même. C’est du regard qu’on porte sur son propre corps, un corps qui vient de traverser quelque chose d’immense, et qui ne ressemble plus tout à fait à celui qu’on connaissait. Et ça, c’est légitime de le vivre, de le nommer, et même de le pleurer un peu.
Le problème, c’est qu’on n’est pas aidées.
On vit dans un monde où Instagram nous montre des mamans en trois semaines post-partum en legging Nike, ventre plat, boucles définies, sourire rayonnant et café à la main avec le petit hashtag #blessed et un #newborn qui va bien. Et on le sait, rationnellement, que c’est mis en scène. Qu’elles ont filtré, cadré, attendu la bonne lumière. Qu’elles galèrent probablement autant que nous à 3h du matin. Qu’elles ont leurs propres doutes, leur propre fatigue, leur propre miroir qui leur renvoie des choses difficiles à regarder.
On le sait. Et pourtant.
Quand on est épuisée, quand on est fragile, quand on a dormi trois heures et qu’on n’arrive plus à fermer son jean d’avant, la rationalité, elle reste au lit. Et on fait ce ping-pong épuisant entre « je suis tellement heureuse » et « je ne me reconnais plus ». Entre « je devrais être reconnaissante » et « mes cheveux ressemblent à de la paille mouillée ». Entre l’amour immense qu’on a pour ce tout-petit et le deuil discret, inavouable, de la femme qu’on était avant lui.
Ce double standard là, être à la fois comblée et en deuil, heureuse et épuisée, reconnaissante et perdue, personne ne nous prépare à le tenir. La société nous demande d’embrasser la maternité pleinement, d’en être fières, d’en rayonner. Nos proches, avec toute leur bienveillance, nous disent « tu as l’air en forme ! » alors qu’on n’a pas dormi depuis quatre jours. Et les réseaux nous montrent en boucle ce à quoi la maternité devrait ressembler, belle, lumineuse, #authentic mais pas trop.
Alors si toi aussi tu as regardé tes cheveux dans ce miroir en te sentant à la fois égoïste de t’en préoccuper et triste de les voir ainsi, cette parenthèse était pour te dire : c’est humain. C’est normal. Et tu n’as pas à choisir entre aimer ton bébé et regretter un peu la femme d’avant.
Tu peux tenir les deux. Les deux sont vrais en même temps.
1. Pourquoi tes boucles font-elles de la résistance ?
Pendant neuf mois, tes œstrogènes ont joué les superhéros de ta chevelure. Phase de croissance maintenue en permanence, cheveux qui tombaient presque plus, volume au maximum (la fameuse « chevelure de sirène » de la grossesse, c’est eux).
Après l’accouchement ? Ces mêmes hormones s’effondrent en quelques jours. Le corps, qui vient de traverser ce qui s’apparente à un marathon (sauf qu’au marathon on te donne une médaille et une banane, pas un bébé qui pleure toutes les deux heures), passe en mode survie. Il envoie ses ressources là où c’est vital. Et la beauté de tes ressorts capillaires, aussi légitime soit-elle, n’est clairement pas dans le top 3 des priorités biologiques du moment.
Résultat concret :
Le chaos hormonal peut littéralement modifier la forme du follicule pileux. Tes boucles deviennent plus lâches, plus sèches, ou changent totalement de dessin. Ce n’est pas dans ta tête, c’est de la biologie.
La fatigue fait que ton corps envoie l’énergie aux organes vitaux, pas à l’esthétique de tes ressorts. Logique. Frustrant. Mais logique.
L’info à graver dans ta mémoire de maman épuisée : ce n’est ni ta faute, ni la faute de tes produits. Ton corps fait simplement de son mieux avec ce qu’il lui reste. Sois aussi indulgente avec lui qu’avec ton bébé qui hurle à 3h du matin, lui aussi fait de son mieux.
2. La règle d’or : Le ratio Temps vs Résultats
En post-partum, oublie les routines capillaires à rallonge. Les masques maison qui coulent dans le cou pendant que le bébé se réveille. Les coiffages interminables devant YouTube.
Ma règle est devenue simple et non négociable : si ça prend plus de 10 minutes sous la douche, je ne le fais pas.
J’ai dit adieu au « tout faire parfaitement » pour privilégier des produits efficaces rapidement, des gestes simples et une routine compatible avec la réalité d’un nourrisson dans les bras.
Et tu sais quoi ? Mes cheveux ne s’en sont jamais aussi bien portés que depuis que j’ai arrêté de les « sur-travailler ». Il y a une leçon de vie là-dedans mais je suis trop fatiguée pour la formuler.
3. Les outils qui sauvent la mise (et tes nerfs)
Quand chaque minute compte, les bons outils font toute la différence.
✔ La brosse de définition
Elle démêle sans arracher et aide les boucles à se former naturellement, sans passer des heures en finger coiling. Parce que le finger coiling, c’est magnifique sur Instagram mais totalement irréaliste quand tu as un bébé qui te réclame.
✔ Le bonnet en soie ou en satin
Mon vrai secret de santé mentale en post-partum.
Le soir, je glisse mes cheveux dedans. Le matin :
- moins de nœuds
- moins de frisottis
- et 15 minutes de sommeil gagnées (inestimable).
👉 Lire aussi : Taie en soie ou bonnet en satin : lequel choisir pour vos boucles ?
4. Se reconstruire de l’intérieur : L’assiette avant le shampoing
On l’oublie souvent, mais le cheveu se fabrique de l’intérieur. Après un accouchement, le corps est souvent vidé de ses réserves, en fer, en zinc, en protéines, en tout.
J’ai misé sur des aliments simples et réconfortants :
- Bouillons et soupes : riches, faciles à digérer
- Porridges et aliments riches en fer : essentiels pour la repousse
- Boissons chaudes (tisanes) pour soutenir l’hydratation globale
Ce n’est pas glamour, mais c’est redoutablement efficace.
5. Les compléments alimentaires : Le bouclier anti-chute
Soyons honnêtes : la chute post-partum arrive souvent. Mais on peut l’accompagner intelligemment avec des compléments ciblés (biotine, fer, zinc, vitamine D) pour soutenir la repousse et limiter la casse.
Ce n’est pas magique, mais c’est un vrai coup de pouce pendant une période où le corps est à plat.
Et surtout : un bilan sanguin avant de commencer quoi que ce soit. Parce que prendre du fer quand on n’en manque pas, c’est inutile au mieux, contre-productif au pire.
6. Le lâcher-prise : S’adapter plutôt que lutter
C’est probablement le conseil le plus difficile… et le plus libérateur.
Tes boucles ont changé. Accepte-le.
J’ai mis du temps à y arriver. Et puis j’ai décidé d’en profiter pour changer complètement de coupe : une wolfcut avec frange. Ma texture d’avant grossesse n’aurait jamais permis ce rendu. Ma texture post-partum s’y prêtait parfaitement.
Résultat : un style plus moderne, une coupe qui camoufle les baby hairs, et surtout, je me reconnais à nouveau dans le miroir.
Parfois le changement qu’on n’a pas choisi ouvre des portes qu’on n’aurait jamais pensé à pousser.
Mon verdict de Daronne
Soigne tes cheveux avec douceur. Mange chaud. Protège les la nuit.
Et surtout : sois patiente avec toi-même.
Tes hormones finiront par se stabiliser. Tu retrouveras peut-être tes anciennes boucles… ou tu tomberas amoureuse des nouvelles.
Prends soin de toi comme tu prends soin de ton bébé : avec patience, douceur et indulgence.
Tu le mérites au moins autant que lui.Vraie, pas parfaite. 🌿
Si tu veux aller plus loin, je partage dans mes autres articles des routines concrètes adaptées à chaque type de boucles, mes produits phares et astuces perso :
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